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Shojo ou shonen
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 Tout d’abord, un peu de vocabulaire =
- un shojo est un manga fait par des femmes, comme les Clamp (Tokyo Babylon, X, Sakura . . .) ou Yuu Watase (Fushigi Yugi, Ayashi no Ceres. . . ), pour un public féminin,
- à l’opposé, les shônen sont des mangas écrits par des hommes pour un public masculin, par exemple One Piece de Eiichiro Oda..
 Actuellement, il est vrai que les frontières entre les genres s’effacent, un shonen à grand succès, Full Metal Alchemist, était écrit par une femme, Hiromu Arakawa.
 Ainsi, maintenant, la classification d’une œuvre dépend essentiellement de sa revue de pré-publication.


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 Le cas d’Escaflowne est assez particulier. En effet, l’existence des 4 supports très différents fait que le récit est classé soit shojo ou shonen.
Il est d’ailleurs amusant de noter que la base de l’histoire est issue de l’imagination d’un homme, Shoji Kawamori, et que seul le manga shojo avait une femme dans son staff principal, Yuzuru Yashiro, la dessinatrice.

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 La série TV très souvent dans la catégorie shojo, ce qui assez paradoxal vu que, comme dit précédemment, le concept original a été écrit par un homme, et que la série a été produite par un studio, dont les réalisations sont plutôt destinées à un public masculin.
 Autre élément posant le problème de classification, les histoires de mecha ne sont pas, en général, la tasse de thé des filles.

 Cependant, certains aspects font pencher la balance du côté du shojo. Tout d’abord, l’héroïne est une fille, qui bien qu’ayant un look de garçon manqué, se comporte comme le parfait stéréotype des filles dans les mangas (elle est plutôt égoïste, elle tombe folle amoureuse d’un type (Allen) qui, bien sûr, cumule toutes les qualités (beau, galant. . .), et aussi, elle porte l’essentiel du temps son uniforme de lycéenne.
 De plus, une grande partie de l’histoire est narrée de son point de vue, ce qui peut, parfois, énervé le spectateur.
 Egalement, on trouve des intrigues tournant autour d’histoire d’amour plus ou moins compliquées (à propos du vrai père de Chid . . .).

Van, Hitomi & Allen, le triangle amoureux de la série

Van, Hitomi & Allen, le triangle amoureux de la série


 Ainsi, on peut dire qu’Escaflowne est un cocktail assez inattendu, comme le montre cette illustration où se mêlent les mecha et des aspects plus shojo, suggérant plus ou moins l’importance du rôle d’Hitomi dans l’histoire.
 Sur celle-ci, on voit l’Escaflowne, pour le côté shonen, mais aussi, dans un registre plus shojo, le fameux triangle amoureux (Allen, Hitomi, van) et des éléments magiques (pendentif brillant, Terre et Lune dans le ciel).

 Ce résultat mi-choux, mi-rave, vient des nombreuses modifications du scénario de base, dont l’aspect shonen avait inspiré le manga de Katsu Aki.
 La vraie question est « pourquoi des hommes ont essayé de faire du shojo et comment ont-ils aboutit au résultat que nous connaissons ? ».
 Un point de réponse intéressant vient du fait que, dans Macross, les histoires d’amour ont souvent une  influence non négligeable sur l’évolution du récit. Ainsi, on peut se dire que Shoji Kawamori est tout simplement allé un peu plus loin dans le concept.
 Aussi, Nobuteru Yuki a toujours apprécié le shojo (il a dessiné l’un des génériques de fin de la série Sakura). Alors, tant qu’à faire, il a voulu faire un vrai design shojo.
  L’autre hypothèse est que le studio Sunrise avait peut-être envie de diversifier son public, et que mélanger shojo et shonen était un bon de moyen d’essayer tout en assurant les arrières.

 Le virage vers le shojo repose, sans doute, sur le passage au statut d’héroïne-narratrice d’Hitomi. Au départ, cette dernière n’était qu’un personnage secondaire, et Van occupait le rôle de héros.
 Il est certain que mettre en avant une fille assez « banale » n’est pas un acte innocent. En effet, les filles peuvent s’identifier à la demoiselle, ce qui accentue leur intérêt pour la série.
Ainsi, on peut croire que l’aspect hybride d’Escaflowne est vraiment délibéré. Ce qui est le plus étonnant, c’est que, en dépit de l’apparent antagonisme de certains ingrédients (petits problèmes sentimentaux et combats de robots géants . . .), le mélange a plutôt bien pris, un pari qui n’était pas gagné d’avance.


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 Le film est lui aussi assez inclassable, l’action et la violence beaucoup plus présentes donne une vision directement plus shonen.
 Mais là encore, des détails shojo, comme l’héroïne féminine et l’esthétisme de l’œuvre oriente le long-métrage davantage vers le shojo.

 En effet, le film débute encore sur Hitomi et traite de son mal-être. Ce point de vue est typiquement shojo, et même si le regard d’Hitomi s’ouvre vite sur des perspectives moins « féminines » comme la fin du monde où elle a été parachuté, cela reste la vision d‘une jeune fille.
 Ceci dit, la disparition du triangle amoureux Van / Hitomi / Allen marque un net virage vers le shonen.
 D’ailleurs, d’une manière générale, les sentiments amoureux sont traités plus superficiellement, le film évite les (très) longs débats intérieurs d’Hitomi dans la série.

Van & Hitomi dans le film, un peu de romantisme, mais pas trop…

Van & Hitomi dans le film, un peu de romantisme, mais pas trop…


 Et ne parlons pas du changement de look des personnages, Allen perd de sa superbe, même s’il garde un style séducteur.
 Quand à Van, il passe de petit maigrichon à petite mais baraqué avec un look clairement plus viril…
 Bizarrement, un soin particulier a été apporté à Hitomi, qui apparaît beaucoup plus jolie que dans la série… Rien que son uniforme est plus seyant, plus court aussi, ce qui serait un détail pour plaire à un public masculin…

 La réalisation, quand à elle, témoigne d’une recherche de beauté graphique évidente, une préoccupation qui a un petit shojo, même si on a vu d’excellents films destinés aux enfants où aux jeunes adultes offrir eux-aussi des images recherchées
.

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  Les manga, eux, sont par contre clairement identifiables. Leur style et leur narration ne font aucun doute, au premier coup d’œil, on sait à quoi nous avons à faire.


Les couvertures des manga donnent le ton !

Les couvertures des manga donnent le ton !


 Le shonen plante le décor, déjà, il commence par l’action dans le pays de Van (enfin Burn dans la version française…), ce qui place ce dernier plus au centre de l’action.
 Ensuite, Hitomi est encore plus « puérile » que dans la série, et sa transformation en blonde plantureuse est à la limite du risible et sert surtout à satisfaire l’œil masculin.

 Le premier chapitre du shojo plante aussi le style. Van et Allen viennent carrément dans le monde d’Hitomi et le triangle amoureux se plante immédiatement.
 Le graphisme est aussi plus aérien et fin marquant le style shojo.


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 Bref, comme dit en introduction, chaque support renforce un aspect. Ceci dit, la série est sans doute la version la plus hybride, mais aussi la plus connue et appréciée.
 Et on peut penser que c’est justement ce mélange shojo/shonen, ouvert à un large public, qui est en partie à l’origine de son succès.





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